Accueil Date de création : 17/05/07 / Dernière mise à jour : 13/07/08 20:27 / 262 articles publiés

203  posté le jeudi 10 avril 2008 14:34

Un peu plus tard, en fin d'après-midi.

Louise était partie se reposer dans sa chambre, et Marie avait rejoint l'ancien bureau de son père, qu'elle avait transformé en boudoir. Une pièce qui était à l'image de la jeune femme : chaleureuse et pas comme les autres. Après le jardin, c'était le seul endroit où elle aimait se retrouver seule pour réfléchir, lire ou bien simplement se reposer.

Plongée dans la lecture de son roman, elle ne remarqua pas que le feu ne crépitait presque plus dans la cheminée. Ce ne fut qu'en voyant que la luminosité de la pièce s'était réduite qu'elle réalisa qu'il fallait remettre quelques bûches dans le foyer.

Elle posa son livre ouvert sur le canapé et se leva pour aller prendre deux gros bouts de bos qu'elle disposa l'un sur l'autre dans la cheminée. Elle saisit ensuite un tisonnier pour remuer les braises encore chaudes et ainsi faire repartir le feu.

Marie reposa ensuite le tisonnier et fixa les flammes qui dansaient de nouveau follement. Encore une fois, son regard se voila et se remplit de tristesse. C'était toujours pareil ; elle faisait tout son possible pour soutenir sa cousine et être forte pour elle, mais dès qu'elle se retrouvait seule, elle ne pouvait s'empêcher de sombrer dans ses pensées. Ces même pensées qui la ramenaient toujours huit mois plus tôt...

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204  posté le jeudi 10 avril 2008 17:01

- FLASHBACK -

 

Août 1864.

Marie se levait à peine ; son coeur n'était pas encore tout à fait réveillé et ses yeux étaient mi-clos. Quelque chose l'avait tirée du lit. Quelque chose, oui, des éclats de voix plus précisemment.

Intriguée, elle fit quelques pas vers sa porte et resta immobile au milieu de sa chambre, prêtant l'oreille pour tenter d'entendre ce qu'il pouvait se dire au rez de chaussée. Elle distingua parfaitement la voix de madame Hamphton et en se concentrant davantage, la jeune femme réussit à comprendre « de retour » et peu après « Samuel ».

Son sang ne fit alors qu'un tour ; il était là, il était de retour. Plus de trois ans qu'il était parti pour le front, et il lui revenait enfin.

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205  posté le jeudi 10 avril 2008 17:17

Sans réfléchir, Marie se précipita sur sa porte de chambre qu'elle ouvrit brusquement pour se ruer dans le couloir. Elle se prit Camille de plein fouet mais se s'arrêta pas pour autant, trop impatiente de retrouver son amour. La gouvernante eut juste à peine le temps de crier un « Marie ! » que la jeune femme blonde disparaissait de l'autre côté du couloir pour descendre les escaliers.

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206  posté le jeudi 10 avril 2008 17:39

La jeune femme dévala les marches à une vitesse folle, sans se soucier des pans de sa chemise de nuit qui, se prenant légèrement dans ses pieds, auraient pu la faire chuter.

Elle se fichait de ce qu'allaient penser sa mère et madame Hamphton, elle se jetterait dans les bras de Samuel et lui dirait qu'elle l'aime plus que tout.

Marie arriva en bas des escaliers devant la grande porte menant à la pièce principale et se rua dessus pour l'ouvrir prestement, un beau sourire déjà peint sur son visage. Elle s'arrêta sur le pas de la porte, LE cherchant des yeux. Elle regarda chaque personne une à une, jusqu'à ce que son regard se pose sur celui qui était assis sur le canapé, à côté de madame Hamphton.

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207  posté le jeudi 10 avril 2008 17:57

Ce n'était pas Samuel qui était de retour, mais Frederick.

Pourquoi n'y avait-elle pas songé ? Lui aussi avait le droit de retrouver les siens. La jeune femme baissa les yeux et sourit tristement. Elle allait encore devoir être patiente...

Trop obnubilée par le fait que Samuel aurait pu être là, Marie n'avait pas prêté attention à la conversation des trois personnes se trouvant dans le salon. Ils n'avaient pas remarqué sa présence ; mais Marie fut attirée par le ton solennel sur lequel ils discutaient.

- C'est mon capitaine de régiment qui est venu me l'annoncer. C'était assez difficile d'avoir une notion exacte du temps, mais il me semble que c'était il y a quatre mois environ.

- Mais... Comment ton capitaine pouvait-il être sûr ? demanda madame Hamphton, en pleine incompréhension, à son fils.

- Il savait qu'il se battait pour l'Union, alors quand il a eu vent des noms des tués, il est venu me prévenir, répondit-il la mine défaite.

Madame Hamphton baissa la tête, réalisant alors ce que Frederick venait de lui apprendre.

- Mon Dieu... commença-t-elle, la voix tremblante. J'ai déjà perdu un époux... Mais voilà que je perds aussi un fils...

- Je suis désolé mère, tenta Frederick en posant sa main droite sur celles de madame Hamphton.

Madame Beauregard se leva de son fauteuil et s'agenouilla devant son amie pour la réconforter.

Marie s'était figée. Tous les mots qui venaient d'être prononcés résonnaient dans l'ensemble de son corps. Ses yeux fixaient un point imaginaire et sa bouche, entre-ouverte, ne pouvait produire aucun son. Elle n'entendait plus rien, ne voyait plus rien et ne ressentait plus rien sauf la sensation d'un poignard planté en plein coeur... Samuel était mort... Ses yeux se fermèrent et elle se sentit défaillir lentement pour attérir lourdement sur le sol, inconsciente.

 

- FIN DU FLASHBACK -

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