Accueil Date de création : 17/05/07 / Dernière mise à jour : 13/07/08 20:27 / 262 articles publiés

223.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

Après un rapide dîner dans la cuisine, et une bise à Louise, Marie s'était rapidement changée, prête à se mettre au lit. Mais elle fut interrompue dans son élan, quelqu'un frappant à sa porte.

- C'était trop beau, souffla-t-elle en se relevant pour se diriger de l'autre côté de son lit.

 

 

Elle découvrit son fiancé de l'autre côté de la porte.

- Oh bonsoir Frederick, dit-elle avec un petit sourire.

La jeune femme sortit de sa chambre avant que celui-ci ne puisse dire quelque chose ou faire un geste, et referma derrière elle. Depuis que le jeune homme et elle étaient engagés l'un envers l'autre, jamais il n'était entré dans la chambre bleue. Marie croisa ses bras dans le dos et se colla à la porte.

- Bonsoir, sourit Frederick, je vous ai cherché cet après-midi, où étiez-vous passée ?

- J'étais partie rendre visite à mes amies Joséphine et Nina. Nous avons beaucoup discuté et...

 

 

 

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224.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

- Jusqu'à la tombée de la nuit ? l'interrompit-il gentillement.

C'était désormais su de tous que Marie avait des amies Noires et cela posait un petit problème à mesdames Beauregard et Hamphton qui craignaient toujours pour leurs réputations. Car malgrè le fait que la guerre soit terminée et l'esclavage aboli, fréquenter ces personnes restait une chose peu appréciée et pointée du doigt.

Frederick n'avait jamais rien reprocher à la jeune femme blonde, mais celle-ci savait qu'il n'appréciait non plus guère cela. C'était pourquoi elle s'amusait toujours beaucoup à dire qu'elle était allée voir ses deux amies dans les champs.

 

 

- Non, bien sûr que non, répondit Marie en appréciant que très légèrement la petite moquerie de Frederick. Sans faire attention, j'ai fait un détour par votre maison, et j'ai pu remarqué que le jardin était dans état vraiment pitoyable.

- Mmm c'est vrai que ça ne doit pas être très beau à voir... ajouta le jeune homme, pensif.

- Oui et c'est donc là que m'ai venu l'idée de remettre tout en l'état, qu'en pensez-vous ?

- C'est une bonne idée en effet, vous avez raison, sourit Frederick. Et peut-être pourrons-nous emménager là-bas... Après notre mariage.

 

Pour toute réponse, la jeune femme se contenta de sourire sincèrement. Frederick remarqua son joli sourire ; c'était une des rares fois où elle souriait en sa présence. Mais sentant la situation lui échapper et voyant qu'il avait fait un petit pas vers elle, Marie reprit son sérieux, cherchant sa poignée de porte dans son dos.

 

- Il est tard, dit-elle pour esquiver tout rapprochement. Bonne nuit.

Le jeune homme eut à peine de lui répondre qu'elle refermait déjà la porte sur lui.

 

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225.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

Quelques jours plus tard, le soleil dominait encore bien haut, fier, dans le ciel. Il faisait très chaud en ce début d'après-midi et personne n'osait mettre en pied dehors, chacun et chacune préférant rester au frais chez soi, les volets clos. Quelques nuages passaient ici et là, mais ils n'agissaient en rien contre l'oppressante chaleur qui régnait.

 

 

Ce fut après le déjeuner que Marie monta à l'étage pour voir Louise. La jeune femme blonde avait décidé de se rendre à la résidence du lac pour la retaper un peu, et souhaitait que sa cousine l'accompagne ; Marie espérait surtout lui changer les idées...

 

 

Comme toute la maison, la chambre de Louise était plongée dans l'obscurité. mais la concernant, ce n'était pas à cause de la chaleur. Les rideaux de cette pièce étaient constament fermés depuis la mort du mari de la jeune rouquine.

- Tu es sûre que tu ne veux pas venir avec moi ? demanda une nouvelle fois Marie. Cela te ferait du bien de prendre un peu l'air.

Aucune réponse.

- En plus Juliette m'a préparé quelques parts de gâteau et des fruits... Allez Louise, implora presque Marie.

Mais devant l'éternel mutisme de la jeune femme, elle abandonna, une fois de plus. Elle lança un triste « A tout à l'heure » puis sortit de la chambre sans que Louise ne fasse un seul geste.

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226.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

Trois quarts d'heure plus tard, la jeune femme se retrouvait dans le jardin de la résidence du lac, encerclée par les mauvaises herbes et autres plantes ou arbustes indésirables.
Quand elle avait décidé de venir remettre un peu d'ordre à tout cela, c'était quelques jours auparavant à la nuit tombée, et elle ne s'était pas imaginée une pareille cambrousse.
- Bon, par quoi je vais commencer... se demanda-t-elle en se grattant la tête, perplexe.

 

 

Marie ne perdit pas une minute de plus : elle prit les sacs de jute qu'elle avait apportés et commença à arracher à mains nues certaines mauvaises herbes, s'aidant d'une bèche pour les plus grosses.

 

 

Elle continua ainsi sous un soleil de plomb pendant près d'une semaine. Arrachant les mauvaises herbes, taillant les arbustes et replantant des fleurs...

 

 

Au bout de quelques jours, le jardin avait retrouvé un aspect magnifique, même mieux qu'à l'époque où les Hamphton occupaient la maison. Les fleurs que Marie avait plantées étaient des Dalhias et des pensées de toutes les couleurs pour égayer un peu la maison vide... Le soleil et l'arrosage quotidien avait fait pousser ces jolies fleurs très rapidement.

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227.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

La jeune femme termina d'arroser ses pieds de fleurs et posa l'arrosoir. Elle se recula ensuite légèrement pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Sans bouger, elle observa son travail avec un sourire de satisfaction sur le visage, fière de ce que cela donnait et aussi très contente du lac miniature qu'elle avait crée.

 

 

 

Exténuée, la jeune femme soupira et s'essuya le front d'un revers de la main. Elle regarda sa robe et l'épousta pour y retirer la terre qui se colla évidemment sur ses mains. Elle se dirigea donc derrière le grand escalier gauche pour se rincer.

 

 

Mais elle s'arrêta net, la tête levée vers les fenêtres car elle avait eu l'impression d'avoir un des rideaux bouger. Elle resta quelques secondes à regarder en l'air avec insistance, puis haussa les épaules ; le soleil lui jouait certainement un tour...

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