Accueil Date de création : 17/05/07 Dernière mise à jour : 13/07/08 20:30 / 262 articles publiés
 

238.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

Le lendemain matin. Il était très tôt et Marie était déjà levée et habillée. La veille, elle avait trouvé le sommeil facilement, et se sentait donc en forme.

- Mais où est-ce que je les ai mis bon sang ?! s'énerva-t-elle en remuant toute son armoire. J'étais pourtant sûre de... Ah les voilà !! s'exclama-t-elle en souriant.

Elle rangea les deux ou trois choses dont elle avait besoin dans les grandes poches de sa robe et referma les portes de sa penderie pour ensuite descendre au rez de chaussée.

 

 

Après un bref passage par la cuisine pour prendre quelques provisions dans un panier en osier, elle allait sortir de la maison quand Frederick l'interpella. La jeune femme sursauta en l'entendant et se retourna vers lui.

- Bonjour, sourit le jeune homme. Vous vous sentez mieux ?

- Beaucoup mieux, répondit Marie en souriant.

- Tant mieux alors. Vous allez à la résidence du lac ? demanda Frederick en désignant du menton le panier que tenait sa fiancée.

- Euhm oui... Je me suis qu'avec la fraicheur du matin, je serais mieux pour jardiner..

- Je pourrais peut-être vous accompagner, je n'ai rien à faire aujourd'hui et...

 

 

- Oh je ne pense pas que cela soit nécessaire, l'interrompit-elle en grimaçant légèrement. Il ne reste plus énormément de choses à faire, je peux finir toute seule.

- Bon, très bien, n'insista pas Frederick.

- Mais merci de m'avoir proposé votre aide, c'est très gentil, ajouta Marie en souriant sincèrement. Bon je vais y aller. Bonne journée !

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239.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

Un peu plus d'une demi heure plus tard, Marie arriva à la résidence du lac avec son panier de provisions dans la main gauche.

Une nouvelle fois, son coeur fit un énorme bond dans sa poitrine en apercevant Samuel. Elle n'était pas encore habituée au fait qu'il était toujours vivant.

 

 

Le jeune homme était allongé près du petit bassin aménagé par Marie et semblait perdu dans ses pensées, la tête dans les nuages. La jeune femme l'observa un long moment, un léger sourire aux lèvres, et ouvrit la bouche pour se manifester mais elle fut prise de court.

- L'orage arrive, dit Samuel sans bouger.

Il l'avait entendu arriver alors qu'elle pensait n'avoir fait aucun bruit. Elle resta bouché bée quelques secondes, surprise, puis sourit en levant les yeux vers le ciel.

- Le ciel est d'un bleu magnifique pourtant, dit-elle en soupirant doucement.

 

 

Elle s'avança jusqu'au jeune homme pendant qu'il se redressait sur ses avant-bras, et s'agenouilla près de lui. Il jeta un oeil au panier en osier puis regarda Marie.

- J'ai des fruits et du gâteau, dit-elle pour répondre à sa question muette. J'ai pensé que je pourrais... rester avec vous, enfin que nous pourrions passer cette journée ensemble... déclara-t-elle en bafouillant.

- Vous n'êtes pas attendue ailleurs ? demanda Samuel.

Il faisait évidemment référence à son frère ainé et Marie saisit parfaitement l'allusion.

- Personne ne m'attend, non, répondit-elle sérieusement en le regardant fixement.

Samuel esquissa un sourire que la jeune femme blonde remarqua, et tourna la tête vers le petit lac.

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240.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

La jeune femme n'ajouta rien, et se leva pour aller se rafraichir un peu.

- Je reviens tout de suite.

Elle réapparut peu de temps après. Samuel était resté assis près du bassin et pouvait donc la regarder pendant sa descente des marches. elle était aussi belle que ce matin-là à la grange, jour du départ pour le front. Aussi ravissante que quatre ans auparavant, si ce n'était davantage. Elle avait gagné en beauté et en charme. Mais elle avait quelque chose de différent...

 

 

Dans l'attitude peut-être, elle semblait éteinte et discrète. Dans l'élégance. Elegante, elle l'avait toujours été, mais là, elle l'était trop et paraissait emprisonnée de sa belle toilette, certainement achetée par Frederick. Sa coiffure. Dans ses souvenirs, il ne l'avait vu qu'une seule fois avec les cheveux attachés, lors de leur rencontre, et il préférait la voir les cheveux libres. Les cheveux relevés en chignon lui donnaient un air plus stricte...

 

Après réflexion, la « Marie » qu'il avait devant les yeux ne ressemblait à la « Marie » d'avant-guerre.

 

 

Tout à ses pensées, Samuel n'avait pas remarqué que la jeune femme avait terminé sa descente et qu'elle s'était postée devant lui.

- Samuel ?

La jeune homme revint aussitôt sur Terre en entendant la voix de Marie et la regarde en souriant. En voyant cette réaction, elle se baissa et s'assit à côté de lui.

 

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241.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

 

Un peu plus tard, aux alentours de treize heures.

Les deux jeunes gens avaient installé leur repas sur la couverture que Marie avait aussi apportée et profitaient de ce moment, silencieux, mais ne sachant pas quoi se dire.

- Comment trouvez-vous le jardin ? demanda finalement la jeune femme.

- C'est magnifique, sourit Samuel. J'aime beaucoup les couleurs des fleurs et le petit lac aussi.

- J'ai eu beaucoup de travail, si vous aviez vu dans quel état c'était !

- Les mauvaises herbes, les arbustes et rosiers morts, je sais...

- Vous savez, que voulez-vous dire ? Attendez une minute, ne me dites pas que... Que vous m'avez vu faire tout cela ?!

Le silence du jeune homme répondit à sa place.

- Mais depuis combien de temps êtes-vous de retour ?

- Environ un mois.

 

 

- Un mois ?? s'exclama Marie. Mais... Mais... Tout le monde vous croit mort, pourquoi ne vous êtes vous pas manifesté plus tôt ? Ne serait-ce que que pour votre mère et votre frère ?!

- Vous n'avez dit à personne que j'étais de retour j'espère ?

- Non, mais...

- Tant mieux, la coupa-t-il, je ne tiens pas à les revoir, dit-il en détournant ensuite son regard de la jeune femme qui comprit qu'il faisait plus allusion à son frère qu'à sa mère.

Un nouveau silence s'installa, durant lequel Marie préféré garder la tête baissée. Aucun des deux ne prit la parole ; les minutes parutent s'écouler très lentement.

 

 

- Quelle est la date de votre mariage ? demanda finalement Samuel.

Le ton sur lequel il avait posé sa question se voulait être détaché, mais ne l'était pas vraiment. Marie resta figée, la tête toujours baissée, face à cette demande. Les larmes lui montèrent aux yeux mais elle les refoula tant bien que mal et releva la tête.

- Dans un peu moins d'un mois.

Le front du jeune homme se plissa légèrement, mais il acquiessa cependant lentement à la réponse qui lui avait été fait. Il tourna de nouveau la tête, ne regardant ainsi plus Marie, ce qui laissa à la jeune femme l'opportunité de l'observer à sa guise.

- Vous avez changé, dit-elle doucement au bout de quelques secondes.

Samuel ne répondit rien sur le coup, fixant simplement la jeune femme. Il se redressa lentement et s'assit, les bras sur les genoux, sans lâcher Marie des yeux.

- Vous aussi vous avez changé... Vous ne ressemblez pas à la Marie Beauregard que j'ai connu il y a cinq ans. Je ne vois plus le naturel et le côté sauvage qui m'ont fait m'éprendre d'elle, je ne vois plus l'étincelle insolente qui animait son regard... Tout ce que je vois aujourd'hui n'a plus rien à voir avec elle...

 

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242.  posté le dimanche 13 juillet 2008 20:30

Marie n'avait rien répondu après la tirade de Samuel sur le fait qu'elle avait changé et qu'il ne la reconnaissait plus... Sans doute s'était-elle rendu compte qu'il avait raison. Depuis quelques temps, elle même ne se reconnaissait plus. Samuel la pensait faible, éteinte, presque soumise. Mais ça, ce n'était pas elle. Aucun de ces adjectifs ne lui correspondaient, se disait-elle... Et pourtant, si, elle était devenue cela...

 

 

Après le repas, en milieu d'après-midi, la jeune femme avait fait un aller-retour rapide entre la maison et le jardin, et était redescendue avec un petit panier en osier contenant diverses choses, dont des pelottes de laine.

- Vous voulez me tricoter des chaussettes ? sourit légèrement Samuel après avoir jeter un oeil à ce qui était posé sur la table.

- Pas exactement non, répondit la jeune femme en sortant d'une de ses poches un petit ustensile en argent.

- Je vois... fit le jeune homme en voyant l'objet.

- Vous devirez vous asseoir sur une des chaises, ce sera plus simple pour moi.

Résigné, Samuel se leva en s'appuyant sur ses cuisses et passa à la droite de la jeune femme pour aller prendre place derrière elle.

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